Les premières à Paris

Publié le 4 Déc, 2017 in Actualités, Culture, Extra-scolaire

Les premières à Paris

Imaginez-vous, un mercredi matin d’octobre à Paris… L’aube se lève, le temps est clément, le soleil est bien présent, même s’il faut le deviner derrière une brume plus que douteuse. Il est environ huit heures et demie, nombre de personnes s’engouffrent dans la station « Pyrénées » de la ligne 11 à Belleville, à moins que ce ne soit la station, elle-même, qui les engouffre. Chacun attend, impassible et un peu hagard, l’arrivée de la rame de métro.

Tout à coup, une « furie » débarque sur le quai. C’est un long cortège de jeunes aussi enthousiastes qu’observateurs inquiets de ces lieux nouveaux et malodorants. Des appels fulgurants traversent la station : « Les Granola(s), on se compte ! »… «  Les Jaunes ! » plus loin : «  Pom’potes, on se regroupe ! »… « 1, 2 , 3…4… ». La scène est irréelle pour les locaux, voire même, dérangeante pour certains. Le métro arrive puis s’immobilise, c’est l’abordage :  «  On rentre ensemble, on sort ensemble ! » Les gens présents dans la rame se lèvent comme un seul homme et s’écartent pour nous laisser rentrer. Mieux vaut pour leurs pieds. Les jeunes lycéens de St Jo se sont vite adaptés au rythme peu enviable des transports en commun parisiens dès leur arrivée à la gare Montparnasse le lundi 16 octobre.

Le périple avait d’abord débuté par une mini-croisière en bateau-mouche à partir du pont de l’Alma. Par un temps des plus propices, nous avons glissé sur la Seine pour admirer l’île de la cité, Notre-Dame, le vieux Paris… En fin de journée, une balade le long des quais nous amène devant la pyramide du Louvre puis à l’hôtel de ville. Les lumières de la cité transfigurent alors Paris. La place s’illumine, des chants improvisés réunissent le groupe et attirent l’attention enjouée d’une cohorte de touristes asiatiques qui immortalisent le moment par de nombreuses photographies. St Jo fait le buzz. La journée a été longue ; elle se termine plein d’émotion grâce à la voix et les accords de guitare de Justine qui s’élèvent dans le patio de l’auberge de jeunesse. Avons-nous conquis Paris ou Paris nous-a-t-elle adoptés ce soir-là ?

NOTRE DAME

Mardi 17 octobre, la cité des sciences et de l’industrie nous ouvre ses portes, les expositions présentées (mobilité des hommes, énergies renouvelables) répondent aux attentes des programmes de SVT, physique et géographie. Les expériences proposées et les ateliers (son / lumière) ne manquent pas de surprendre. Notre cortège se déplace ensuite vers le Trocadéro, la Tour Eiffel puis vers les Champs-Elysées et l’Arc de Triomphe. La plus belle avenue du monde s’offre à nous. C’est l’aurore, la cité revêt à nouveau sa parure de lumières.

ARC DE TRIOMPHE

La journée du mercredi 18 octobre restera une des plus enrichissantes et des plus fortes en émotions. Elle débute sous les auspices de la beauté, le musée d’Orsay nous accueille sous sa voûte d’ancienne gare : d’une salle à l’autre, les œuvres de Van Gogh, Degas, Gauguin, Rodin, Manet, Toulouse-Lautrec ou Renoir se succèdent. C’est majestueux… « C’est trop stylé» !

Après un déjeuner pris place des Vosges, nous nous rendons dans les locaux de l’Union des Déportés d’Auschwitz. Nous entrons dans une salle un peu étroite, M. Victor Perahia nous y rejoint. Il a été arrêté avec ses parents à neuf ans en 1942 ; son père disparaît à Auschwitz, lui, survit par amour pour sa mère à plusieurs camps dont celui de Bergen-Belsen. Il nous délivre le récit de son enfance volée. Le temps se fige. Raphaël Esrail, président de l’association, nous rejoint à son tour. Bien que souffrant, il témoigne sur sa déportation puis adresse un message plein d’humanité aux élèves sur l’importance de la mémoire. Peio vient honorer nos deux hôtes en  dansant l’Aurresku. Les deux rescapés très émus par la démarche nous remercient chaleureusement. Les jeunes rejoignent ensuite le mémorial de la Shoah qui prolonge et illustre les témoignages par ses expositions. La soirée se termine par un quartier libre dans le quartier du Marais.

AURRESKU

Le jeudi 19 octobre, le groupe se rend au musée des Invalides : les expositions sur les deux conflits ou l’hommage à De Gaulle, le tombeau de Napoléon  nous rapprochent encore de l’histoire nationale. L’après-midi est toujours ensoleillé, le temps idéal pour visiter Montmartre : le Sacré-coeur, la place du Tertre, le quartier des artistes. Après un repas succulent dans un troquet parisien (« les petites canailles »), la soirée reste artistique avec la représentation théâtrale : «  Et pendant ce temps, Simone veille », soixante ans de féminisme revisités avec beaucoup d’humour. Polémiques, clichés et histoires de progrès sociaux se succèdent. Une fois la représentation terminée, la salle se vide, les spectateurs s’en vont ; cependant, les actrices entourées par nos élèves prolongent la soirée devant le théâtre, des selfies, des rires… Avant de se quitter, une des actrices nous confie : « vous savez que vous avez de très bons jeunes, vraiment de très bons jeunes ».

MAIRIE

La phrase résume bien ce que nous avons pu vivre et observer sur l’état d’esprit du groupe tout au long du séjour. Pourtant, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille dans Paris intra-muros. Les jeunes étaient ravis de retrouver notre région vendredi, fatigués d’une semaine riche en évènements mais pleins de souvenirs qui resteront ad vitam aeternam.

GROUPE LOUVRES

 

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